Scialocco

March 10, 2011

Dedica

Filed under: metapost,scene di vita quotidiana — Shylock @ 8:05 PM
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“J’ai souvent entendu plaindre les femmes de poëte, et sans doute,
pour tenir dignement dans la vie ce difficile emploi, aucune qualité
n’est de trop. Le plus rare ensemble de mérites n’est que le strict
nécessaire, et ne suffit même pas toujours au commun bonheur. Voir
sans cesse la muse en tiers dans vos plus familiers entretiens,
–recueiller dans ses bras et soigner ce poëte qui est votre mari,
quand il vous revient meurtri par les déceptions de sa tâche;–ou bien
le voir s’envoler à la poursuite de sa chimère … voilà l’ordinaire
de l’existence pour une femme de poëte. Oui, mais aussi il y a le
chapître des compensations, l’heure des lauriers qu’il a gagnés à la
sueur de son génie, et qu’il dépose pieusement aux pieds de la femme
légitimement aimée, aux genoux de l’Antigone qui sert de guide en ce
monde à cet “aveugle errant;”–

Car, ne vous-y-trompez pas: presque tous les petits-fils d’Homère
sont plus ou moins aveugles à leur façon;–ils voient ce que nous ne
voyons pas; leurs regards pénètrent plus haut et plus au fond que les
nôtres; mais ils ne savent pas voir droit devant eux leur petit
bonhomme de chemin, et ils seraient capables de trébucher et de se
casser le nez sur le moindre caillou, s’il leur fallait cheminer sans
soutien, dans ces vallées de prose où demeure la vie.”

(HENRY DE PÈNE)

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